Par Maïa Renchon
Entreprises. Post publié(e) le 2007-06-20En voyage, nous sommes souvent contraints de restreindre nos conversations téléphoniques passées sur nos portables, afin d’éviter des frais excessifs de roaming. Nombreux sont les utilisateurs à devoir presser leurs interlocuteurs en disant : « Je suis à l’étranger, je ne peux pas vous parler longuement, je vous rappelle à mon retour » ou « Je vous prie de me rappeler sur mon autre numéro, je suis à l’étranger ».
Un ensemble de six pays d’Afrique des Grands Lacs et d’Afrique Centrale est désormais libre de cette contrainte ! La Tanzanie, le Kenya, l’Ouganda, la République Démocratique du Congo, le Congo et le Gabon forment depuis le 6 juin 2007 un espace cellulaire unifié. Les utilisateurs du réseau
Celtel d’un de ces pays peuvent recevoir gratuitement leurs appels dans un des cinq autres pays, si besoin recréditer leur compte sur place, et appeler à travers l’espace unifié au coût d’un appel local. Tout cela sans avoir à activer le moindre service, ni à payer le moindre frais d’initialisation.
Il est remarquable que le premier espace cellulaire unifié transfrontalier soit africain. Cette grande première met en avant les opportunités de rentabilité dans l’innovation en Afrique, et témoigne de l’existence d’un marché attractif justifiant d’y investir – surtout lorsque les investisseurs, dépassant les obstacles liés aux différents environnements réglementaires et culturels des marchés nationaux, parviennent a lancer un produit ou un service panafricain. Preuve de la confiance des marchés dans l’opération : cinq filiales du groupe Celtel (RDC et Ouganda incluses) viennent d’obtenir pour leur développement un prêt de 320 millions $ accordé par la SFI, des institutions financières bilatérales, et des banques commerciales privées.
Au-delà de l’aspect commercial et entrepreneurial,
l’initiative de Celtel apporte une contribution décisive au développement du continent africain. En supprimant les marges sur les appels en roaming, souvent très élevées en Afrique comme ailleurs, elle facilite la circulation d’informations et plus largement les échanges économiques et sociaux dans les six pays de la zone concernée. Et en développant des infrastructures immatérielles de ce type, elle contribue concrètement au nécessaire renforcement de l’intégration régionale.
Un défi que les opérateurs mobiles en Europe, malgré quelques récentes et timides avancées, n’ont pas encore su relever. Un exemple à suivre donc, en Afrique comme ailleurs.