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Bourses africaines : plus fort que le CAC40 ! | CAPafrique
Bourses africaines : plus fort que le CAC40 !

IM bank, Nairobi, Kenya. IM bank website, Flickr.
Par Romain Geiss
Finance. Post publié(e) le 2007-08-27


Marchés habituellement boudés des investisseurs internationaux, les places boursières africaines font pourtant figure d’alternative crédible aux marchés structurés du Nord. Le comportement des premiers au cours de l’été en a apporté la preuve flagrante : alors que l’Europe et l’Asie, emmenés par les États-Unis, ont dévissé, certaines places africaines ont bien résisté. Parmi elles, outre Abidjan (BRVM, Côte d’Ivoire), citons Lilongwe (MSE, Malawi), Casablanca (CSE, Maroc) et Accra (GSE, Ghana). Plus malmenées depuis un mois, Gaborone (BSE, Botswana), Maurice (SEM) et Johannesburg (JSE, Afrique du Sud) affichent toutefois des taux de retour en nominal sur 3 mois (hors inflation et fluctuation de change) nettement plus satisfaisants que Paris (Euronext, France), New York (NYSE, États-Unis) ou même Hong Kong (HKSE, Chine).

Ces bons résultats s’expliquent d’abord par la faible corrélation existant entre les marchés africains et les autres régions du monde, ce qui offre des opportunités de diversification de portefeuille très intéressantes (risque, volatilité) ; surtout en ce moment, l'Afrique n'étant pas – ou peu – exposée à la crise mondiale des subprimes. Le renchérissement des matières premières – qui comptent parfois pour une large majorité des cotations (40 % du JSE, indice boursier sud-africain) – contribue également à l’appréciation de ces marchés. C’est le cas par exemple pour les pays producteurs de pétrole (Nigeria notamment), de matériaux de construction (Égypte) ou encore de certains produits agricoles (Illovo, Malawi, et l’UCDA, Ouganda, profitent respectivement de l’augmentation du prix du sucre et du café).

La tendance à la hausse se confirme à plus long terme : les indices boursiers de Lilongwe (MSE, Malawi), du Caire (EgyptSE, Égypte), de Nairobi (NSE, Kenya) et de Kampala (USE, Ouganda) ont plus que triplé depuis 2004. L’annonce de dividendes substantiels en Ouganda témoigne du renforcement des fondamentaux économiques. Il faut y voir la conséquence de l’amélioration des performances macro- (augmentation sensible du PIB par tête, faible inflation, taux de change stables, retours sur investissements élevés) et micro-économiques (développement de filières très rentables, dans le secteur industriel (notamment dans les transports : Rose-Hill Transport, Maurice et dans la communication Internet : Access Kenya, Kenya) et des services (groupes de presse : Press corporation Ltd, Malawi ; institutions financières : Banque du Caire, Égypte – Stanbic, Ouganda – State bank ou BA Investment, Maurice)).

Toutefois, investir sur les marchés africains n’est pas chose aisée pour des non spécialistes, qu’ils soient petits porteurs ou investisseurs professionnels. L’information, qu’elle soit d’ordre stratégique (gouvernance des entreprises) ou comptable (comptes de sociétés certifiés, historiques de crédits), est souvent rare et, quand elle existe, difficile à se procurer. Quant aux réglementations locales, elles peuvent handicaper l’échange de titres. Le processus d’apprentissage étant long, la multiplication des marchés africains risque de faire persister la fragmentation régionale des marchés, sans apporter l’ensemble des garanties nécessaires au financement de l’activité économique locale.

C’est pourquoi, l’initiative de la BRVM (Bourse Régionale de Valeurs Mobilières) est à ce titre exemplaire : plutôt que de multiplier les places boursières au sein de l’UEMOA, Abidjan propose une plate-forme commune de cotation. Dans chacun des pays partenaires (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo et Guinée Bissau), des antennes centralisent la transmission des ordres et assurent la diffusion des informations du marché sur le plan local. Ce rapprochement a permis de mobiliser plus efficacement l'épargne, d'augmenter le nombre de titres cotés sur un marché unifié et de porter la capitalisation totale à un niveau record. De quoi attirer les investisseurs en raison de la meilleure liquidité du marché et servir de relais efficace auprès des petites et moyennes entreprises en mettant plus d'argent à leur disposition, elles qui sont le plus souvent abandonnées des institutions bancaires.



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Ressources :
Type : Post
Pôle : Economie et finance africaines
Thème : Finance
Publié par : Romain Geiss
Paru le : 2007-08-27

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