Par Lionel Zinsou
Economie. Note publié(e) le 2009-03-18Une crise économique majeure n’est jamais la bienvenue, mais, dans le cas de celle qui touche l’Afrique en 2008 et 2009, elle est encore plus frustrante car elle interrompt un processus impressionnant de décollage économique qui, régulier depuis dix ans, commençait de dissiper les doutes de tous les acteurs économiques sur la possibilité d’enclencher un vrai développement et d’éradiquer l’extrême pauvreté.
Longtemps, dans les développements de la crise depuis l’été 2007, on aura pu croire que l’Afrique y échapperait. Les prévisions du F.M.I. et de l’O.C.D.E. établissaient encore des progrès de croissance pour 2008 et 2009, il y cinq mois. Aujourd’hui, l’Afrique sub-saharienne est gratifiée d’une prévision – fragile – de 3,4 % de croissance du P.I.B. par le F.M.I., soit environ 1,2 % de croissance par habitant et on tangentera peut-être une croissance nulle après prise en compte de la dynamique démographique, c’est-à-dire le niveau de stagnation des années 1990, qui relance l’appauvrissement.
L’optimisme sur un fort différentiel positif de l’Afrique dans la crise semblait pourtant justifié : plein effet des réformes macro-économiques, discipline budgétaire, désendettement, excédent de paiements courants et hausse des réserves de change, fermeté des devises. Paradoxalement c’est l’ouverture plus grande du continent à la mondialisation et à la modernisation de son économie qui l’exposent. La crise est importée dans les pays les plus avancés – Afrique du Sud, Égypte, Algérie, Maroc, Nigeria, Kenya – par le resserrement de la liquidité mondiale, le rapatriement des capitaux vers les pays occidentaux, et leurs conséquences sur les banques et les marchés financiers africains.
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